Marcel Gauchet, professeur à l'EHESS, en une de la revue Eléments






MARCEL GAUCHET EN COUVERTURE DE LA REVUE D’EXTRÊME DROITE « ÉLÉMENTS »
GROGNE À L’ÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES OÙ IL ENSEIGNE


Marcel Gauchet EHESS Revue Eléments n°164
















Mais que vient faire le très respecté philosophe Marcel Gauchet en Une d’Éléments, 
la revue phare de la Nouvelle droite, un des courants de la droite radicale ? 
A l’EHESS où Gauchet enseigne, des profs montent au créneau.



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Doigt tendu, un peu à la manière de l’Oncle Sam sur de vieilles affiches de la conscription, yeux clairs et lèvres plissées… Marcel Gauchet est en Une d’Éléments, la revue phare de la Nouvelle droite. Le très respecté philosophe succède en couv’ du magazine à Patrick Buisson et précède un encart pour le… spécial « Maurras » de la revue Nouvelle École ou encore une pub pour un colloque de l’extrême droite néo-païenne !
C’est que Gauchet, éminent spécialiste de philosophie politique, vient de publier son nouveau livre : L’avènement de la démocratie, le nouveau monde. Et pour l’occasion, il enchaîne les interviews : le Point, France Inter…
Mais à peine en kiosques, le numéro 164 de la revue Éléments fait grincer des dents. A l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS), une institution plutôt à gauche, où Marcel Gauchet est toujours prof, le papier a du mal à passer. Étudiants, profs, personnels administratifs voient rouge. Le syndicat Sud rédige même un tract pour dénoncer la confusion des genres. « Ce n’est pas normal que des directeurs d’étude amènent de l’eau au moulin à cette revue » insiste Sylvain Laurens, maître de conférence en sociologie : 
« La nouvelle droite, ce n’est pas n’importe quoi. »

LA NOUVELLE DROITE KÉZAKO ?

Fondée en 1973 par Alain de Benoist, la revue Éléments était en son temps le navire amiral du Grece, le groupement de recherche et d’étude pour une civilisation européenne. « Ça n’a duré que quelques mois. Depuis Éléments est un magazine indépendant qui s’est donné comme but de faire émerger de nouveaux clivages », coupe tout net Alain de Benoist quand on lui passe un coup de fil.
ITW A Boulevard Voltaire, on se réjouit de la nouvelle
Sauf que de Benoist essaye de se racheter une virginité pour pas cher : car pendant de longues années, sa revue a eu pour surtitre « la revue de la nouvelle droite ». Mais de Benoist de poursuivre : 
« Aujourd’hui, il existe des clivages plus pertinents que le clivage gauche / droite, autour des notions de souveraineté, d’identité ou d’Europe. »
Théoricien de « la nouvelle droite », de Benoist a largement contribué à renouveler les logiciels idéologiques de plusieurs partis d’extrême droite européens (dont le FN), notamment en repensant les clivages politiques.
Dans ses colonnes, entre des articles d’actu, la revue se fait souvent l’écho des positions les plus à droites de l’échiquier politique. Elle ouvre aussi les pages du mags à des intellos plutôt à gauche et à d’éminents profs de fac. Parmi ses plus belles prises : Michel Maffesoli, Michel Onfray, Bernard Langlois, fondateur du magazine Politis et d’Attac, Pierre Manent ou Jacques Sapir, tous deux directeurs d’études à l’EHESS. Dans les colonnes de la revue, l’économiste aujourd’hui proche du FN et chroniqueur pour Russia Today déclarait : 
« Jean-Luc Mélenchon a les problèmes d’une vierge. Elle est appelée à ne pas le rester, sinon elle devient une vierge rance. »

PETITE TEMPÊTE

A l’Ecole des Hautes Etudes des Sciences Sociales, la publication d’Éléments a pas mal fait parler. Outre les habituels bruits de couloir dont le milieu universitaire est coutumier, le syndicat Sud a envoyé un tract à l’ensemble des personnels, enseignants ou étudiants que compte l’institution… sans grand succès.
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 « On n’est pas dupes… Alain de Benoist essaie de capter une partie du monde intellectuel pour faire de sa revue un lieu de débat non affilié à un parti » explique Sylvain Laurens, l’un des profs auteur du tract : 
« Aujourd’hui, on fait comme si cette revue était neutre. »
La polémique parcourt les milieux universitaires. « On demande à des intellos de participer à cette revue alors qu’ils ne sont pas de ce bord », ajoute Philippe Marlière, prof à Londres : 
« Jean-Yves Camus (éminent spécialiste de l’extrême droite, ndlr) a été interviewé par Éléments. Avec plusieurs collègues, on s’étonne beaucoup de tout ça. »
Dans les étages du 105 boulevard Raspail, Sylvain Laurent se sent pourtant bien seul. Malgré les témoignages de sympathie, bien peu de profs ont dénoncé publiquement l’interview de Gauchet. « Il n’y a pas vraiment de mobilisation. Ce sont des directeurs d’études émérites (ils sont à la retraite, ndlr), ils ne sont pas centraux. Et puis ce sont des figures compliquées à attaquer », poursuit le jeune chercheur.
Pour Jean-Louis Fabiani, directeur d’études en sociologie, le silence des profs s’explique aussi par la « tradition libérale » de l’École. « On ne commente pas les propos d’un collègue. On ne peut pas s’orienter vers une police de la pensée. » Et même si l’interview de Gauchet, son vieux camarade de fac, le choque, l’homme a décidé de ne pas prendre partie : 
« S’indigner, ça autorise aussi mes collègues de s’indigner contre moi. »
« Il y a un jeu pervers de la part de cette revue et de ceux qui acceptent de répondre, c’est sûr », renchérit Gilles Bataillon, lui aussi directeur d’études à l’EHESS. Avant de conclure : 
« Mais il n’y pas de quoi s’énerver. Moi je juge Gauchet sur ses textes. »

« CETTE ACCUSATION EST COMPLÈTEMENT IDIOTE »

Du côté d’Éléments, on s’amuserait presque de cette polémique naissante. « Dire qu’il y a une quelconque stratégie de récupération, c’est complètement idiot. Gauchet met les pieds où il veut », soupire Alain de Benoist. De son côté, Marcel Gauchet ne voit aucun problème à apparaître dans Eléments. « C’est une revue de bonne facture. J’ai l’impression que de Benoist a mis de l’eau dans son vin par rapport aux conneries qu’il a dites dans le temps » explique l’intellectuel (il a par exemple, en son temps, défendu l’apartheid) : 
« Ça n’a plus rien à voir avec les trucs indo-européens. »
Quant à la polémique, c’est la preuve de la « persistance du sectarisme de l’extrême gauche », insiste t-il : 
« Cette gauche totalitaire qui rêve de camps de concentration. »
Sur Twitter, les journalistes d’Éléments invitent même leurs détracteurs à lire Krisis, une autre revue proche du Grece. Dans le dernier numéro, on retrouve un article d’une autre figure de l’EHESS : Dominique Schnapper, spécialiste de l’antiracisme, présidente du Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme, et ex-membre du Conseil Constitutionnel.

PAS DE RÉVOLTE CHEZ LES ÉTUDIANTS

Du côté des étudiants, le vent de la révolte ne souffle pas franchement. Même si certains d’entre eux, comme Juliette, thésarde, sont choqués par l’interview : 
« Gauchet brouille les pistes. On est dans une période où l’extrême droite est forte. Il faut être clair. »
Pas facile pourtant de lancer une mobilisation à l’École des Hautes Études. « On n’a pas vraiment d’espace pour se réunir par exemple. Je trouve ça dommage. »
Si l’encéphalogramme politique de l’école reste plat, pas de risque pourtant que ce bastion de la gauche bascule à droite. « L’autorité intellectuelle de Gauchet ou Manent est nulle chez les jeunes », opine Jean-Louis Fabiani : 
« L’an dernier, je donnais cours après Manent. L’amphi était plein mais c’était l’université du 4e âge. Il n’y avait que des personnes âgées. On aurait dit des vieux de l’OAS ! »

Nietzsche, médecin de la modernité - Krisis 44 : Modernité ?





Article de Jonathan Daudey, rédacteur en chef du site Un Philosophe consacré à la Philosophie, à la Littérature et aux Arts.



Portrait de Nietzsche, Edvard Munch
Portrait de Nietzsche, Edvard Munch

«Serait-ce que notre culture moderne manquerait de philosophie” [1], questionne Nietzsche. La philosophie n’est pas absente, elle est même sur-représentée, mais utilisée à mauvais escient. Ce qui manque, c’est une philosophie puissante, affirmatrice de la positivité de la vie et affirmatrice de valeurs. La foi du dernier homme en un relativisme forcené, ce nihilisme comme étendard de l’époque, marque assurément une chute, ou plutôt un effacement progressif de la philosophie au profit d’un pessimisme redoutable. Nous comprenons «le pessimisme comme première forme du nihilisme»[2], car à vrai dire «son nom devrait être remplacé par celui de nihilisme»[3]. Qui est le «dernier homme» nietzschéen? C’est précisément celui qui défend la grande trinité des -ismes: pessimisme, relativisme, nihilisme. Ces symptômes de la maladie que diagnostique Nietzsche, en tant que philosophe-médecin, décrivent le désastre dans lequel baigne le monde actuel. La «pensée» du dernier homme pourrait se résumer à dire que tout n’est que décadence, tout se vaut et rien n’a de valeur. Cette posture constitue le symptôme de «la faiblesse de personnalité qui caractérise l’époque moderne»[4]. La faiblesse nihiliste traduit l’inaptitude de l’homme moderne à s’affirmer, à prendre position, à faire valoir sa volonté de puissance. La trinité du dernier homme constitue la preuve d’une puissance amoindrie et affaiblie. Ceci entraine Nietzsche à exposer deux causes du nihilisme[5], intimement liées: l’absence d’une race d’hommes supérieurs (une forme d’aristocratie de l’humanité) et l’avènement du «troupeau», du «peuple» ou de la «masse». Ces travers viennent enfoncer l’humanité dans le nihilisme le plus féroce, provoquent la décadence de toute supériorité, de toute possibilité du surhumain.
            Cette prise de position se traduit pour Nietzsche par un grand «Oui» à la vie – un dire oui et un faire oui. Il écrit à propos de La naissance de la tragédie que «ce livre est anti-pessimiste : il enseigne une force antagoniste à tout dire non, faire non, un remède contre toute lassitude»[6]. Le philosophe-médecin prodigue des potions pour arracher les hommes à leur pessimisme, ainsi qu’éveiller « tout ce qui est riche et veut donner, et comble, et dore, et éternise, et divinise la vie – la puissance entière des vertus transfigurantes… tout ce qui approuve, dit oui, fait oui »[7]. Le « Oui » est la figure du dépassement ou du surpassement de la simple négation pessimiste, permettant d’appuyer une discrimination claire entre une attitude positive et une attitude négative.
        C’est la figure prophétique de Zarathoustra qui vient annoncer le diagnostic et le traitement à poursuivre pour s’élever au-dessus de cette période désastreuse de l’humanité. Nietzsche adopte une attitude circonspecte envers la modernité. Une forme de prudence s’articule dans ses propos, dans la mesure où il considère que le sol est peut-être encore assez riche pour que nous puissions nous sauver du nihilisme dans lequel la civilisation européenne notamment se trouve embourbée. Il y a là comme une dernière chance pour l’Europe, putréfiée sous l’action mortifère du dernier homme, le philistin par exemple, qui se pense orgueilleusement en pleine «santé» alors qu’il est malade, parce qu’il a tout nivelé autour de lui. Le philosophe-médecin sait que, pour proposer un remède adapté aux maux dont nous souffrons, nous devons a contrario hiérarchiser, et remettre nos symptômes à leur juste place, en les désignant sans crainte comme des pathologies de la modernité.
Friedrich Hölderlin
            Nietzsche pose une certaine ambiguïté du « symptôme » : est-il un signe de clin ou de force? Une expression de la maladie ou un viatique vers la guérison? Cette ambivalence du terme impose un traitement différencié, local. Tout ne peux pas être mis sur le même plan. On retrouve ici une similitude avec la pensée de l’Aufhebung hégélien. Les symptômes sont simultanément la négation et le relèvement de cette négation. «Il faut porter encore en soi un chaos pour pouvoir mettre au monde une étoile dansante»[8], dit Nietzsche. Cette idée montre qu’on doit assumer philosophiquement une mise en branle radicale de tout ce qui a été tenu pour vrai jusqu’à ce jour, si l’on veut dépasser la maladie. On doit soigner le mal par le mal. Ce motif cher à Hölderlin apparaît dans un vers presque aphoristique, et demeuré célèbre: «Wo aber Gefahr ist, wächst das Rettende auch»[9] («Mais aux lieux du péril croît / Aussi ce qui sauve»). Les propos de ce genre s’accordent parfaitement avec la pensée de Nietzsche, car les questions profondes ne sont pas du ressort d’une logique aristotélicienne, empêtrée dans le principe de non-contradiction, où une proposition ne peut affirmer simultanément une chose et son contraire : Nietzsche pense ici, en s’appuyant indirectement sur Hölderlin, une sorte de logique de la vie. Un vaste pan de la modernité, depuis Platon[10], pense que la contradiction et le paradoxe sont nuisibles à l’homme. Or, le philosophe-médecin doit montrer quant à lui que la vie fonctionne sur la base de contradictions. La vie est un tumulte de paradoxes qui se font mutuellement la guerre.
            Tout homme doit en passer par une phase de déclin pour défier les valeurs et les vérités qu’il croyait les mieux établies, qu’il vivait immédiatement sans jugement : il doit dé-valuer ses propres valeurs pour les trans-valuer ensuite. De la négation, il gardera toujours quelque chose. C’est le moment nécessaire d’infanticide de soi, où il doit savoir s’arracher à un sol en train de perdre de sa fertilité, où il doit savoir se labourer lui-même comme un champ agricole. Pour Nietzsche, «l’homme moderne […] ressemble à un serpent qui a avalé plus de lapins entiers qu’il ne peut en digérer»[11]; c’est pourquoi il doit réussir à éliminer tout ce qui encombre son estomac, l’a rendu lourd et a «gavé» son esprit, sa philosophie. L’homme moderne a les yeux plus gros que le ventre, et, à force de vouloir tout ingurgiter, finit par en être malade: «Je ne sais de quel côté me tourner; je suis tout ce qui ne peut trouver d’issue, gémit l’homme moderne… C’est de cette modernité-là que nous étions malades –de cette paix pourrie, de ce lâche compromis, de cette vertueuse malpropreté du oui et du non modernes. Cette tolérance, cette largeur de cœur, qui pardonne tout parce qu’elle comprend tout, produit sur nous l’effet du sirocco! Plutôt vivre dans les glaces que parmi les vertus modernes, et autres vents du sud!…»[12]
            Nietzsche accuse l’époque moderne, après avoir mis à mort Dieu, d’en avoir fini avec les hautes valeurs, d’avoir nivelé toutes les valeurs. Or, les valeurs sont comme les montagnes, elles nécessitent un dénivelé, pour offrir une position de surplomb, ainsi qu’une vue sur la profondeur d’une vallée. On comprend mieux dès lors cette définition efficace du nihilisme: «Nihilisme: le but fait défaut; la réponse au Pourquoi ? fait défaut; que signifie le nihilisme? –que les valeurs suprêmes se dévalorisent»[13]. Le nihilisme ne désigne pas une simple absence de croyance personnelle, ou une « croyance en rien». Le « nihiliste est l’homme qui juge que le monde tel qu’il est ne devrait pas être, et que le monde tel qu’il devrait être n’existe pas. De ce fait, l’existence (agir, souffrir, vouloir, sentir) n’a aucun sens: de ce fait, le pathos du en vain est le pathos nihiliste et une inconséquence du nihiliste»[14]. C’est très justement que Nietzsche réduit l’interrogation qui porte la pensée nihiliste à cette formule: «la question du nihilisme: à quoi bon?»[15]. Ce nihilisme « correspond plus profondément à un processus historique et culturel collectif»[16]. Lorsque Nietzsche, dans le §125 du Gai Savoir, fait dire au fou «Dieu est mort!», il aborde la question de la fin de la transcendance. Dans un monde où le nihilisme est devenu la seule religion, l’immanence peut provoquer une tendance au nivellement, voire une indifférenciation des valeurs : le nihiliste croit en l’idée que «si Dieu n’existe pas, […] alors tout est permis»[17]. Comment penser les altitudes verticales dans l’horizontalité d’un plan d’immanence, pour parler comme Deleuze? L’homme court le risque de devenir un malade incurable, qui ne saura plus dire qu’«à quoi bon?», puisque tout se vaudra à ses yeux. Le philosophe-médecin, lui, cherche à préparer le bon élixir qui redonnera des cimes et des abysses à la modernité, dans l’immanence du réel, sans pourtant avoir recours à la vieille transcendance divine.
Jonathan Daudey
Extrait de Revue Krisis 44 : Modernité ? 


[1] Friedrich Nietzsche, Aurore, §157, p. 128.
[2] Friedrich Nietzsche, La volonté de puissance, I, §9, p. 35.
[3] Ibid., I, §38, p. 51.
[4] Friedrich Nietzsche, Considérations inactuelles, III, §10, p. 161.
[5] La volonté de puissance, II, op. cit., p. 34.
[6] Friedrich Nietzsche, Fragments posthumes, XIV, 14[16], p. 30.
[7] Ibid., 14[11], p. 29. Nietzsche dresse dans ce passage la liste des « sentiments qui disent oui », à savoir : la fierté, la joie, la santé, l’amour des sexes, l’hostilité et la guerre, le respect, les beaux gestes, les belles manières, les beaux objets, la volonté forte, l’éducation de la haute intellectualité, la volonté de puissance, la gratitude envers la terre et la vie.
[8] Friedrich Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, Prologue.
[9] Friedrich Hölderlin, « Patmos », in Sämtliche Gedichte, Athenäum Verlag, 1970. Nous reprenons ici la traduction de Gustave Roud, in Oeuvres, Gallimard, Paris 1967.
[10] Nous faisons référence à ce fragment posthume repris in La volonté de puissance, II, op. cit., p. 24 : « Décrire la décadence de l’âme moderne sous toutes ses formes : dans quelles mesures la décadence remonte à Socrate ; ma vieille aversion pour Platon, l’anti-antique ; l’“âme moderne” existait déjà ! ».
[11] Malcolm Pasley, « Nietzsche’s use of medical terms », in Nietzsche : Imagery and Thought, University of California Press, 1978, p. 127 : « Modern man […] is like a snake which has swallowed more whole rabbits than it can deal with ».
[12] Friedrich Nietzsche, L’antéchrist, §1, p. 161.[13] Fragments posthumes, XIII, 9[35], op. cit.
[14] Ibid., 9[60].
[15] La volonté de puissance, I, op. cit.[16] Emmanuel Salanskis, Nietzsche, Les belles lettres, Paris 2015, pp. 146-147.
[17] Fiodor Dostoievski, Les frères Karamazov, 4e partie, Livre XI, chapitre 4.