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Photos prises lors du colloque Iliade
Samedi 18 mars 2017, Maison de la Chimie, Paris
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Les frais de port sont offerts dès 40 euros d'achat

Emmanuel Macron décrypté par Thibault Isabel et Alain de Benoist


Emmanuel Macron par Thibault Isabel et Alain de Benoist
                                                                                                                                                                                                                                            © AFP 2017 PHILIPPE LOPEZ


L'analyse de Thibault Isabel, rédacteur en chef de krisis                

Les français seraient déclinistes et en tête des pays les plus en désaccord avec leur classe politique, selon la dernière étude de l’IPSOS. Pourtant les français sont en parallèle une minorité à se dire « susceptibles » de voter pour un parti ou un candidat prêt à changer les règles. Analyse.

La fin de semaine a été particulièrement riche en meetings politiques: Benoît Hamon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon et son hologramme ou encore le déplacement de François Fillon dans les Ardennes, tous les ténors pressentis pour la dernière ligne droite à l'investiture suprême ont fait parler d'eux d'une manière ou d'une autre. Mais ont-ils lu la dernière enquête de l'IPSOS?
Une enquête menée en 2016 auprès de 16 096 personnes de 16 à 64 ans dans 22 pays riches et émergents montre un pessimisme — pas nouveau en France — notamment vis-à-vis de l'avenir de leurs enfants. Un thème, une crainte, devenue récurrente dans les sondages ces derniers temps. L'enquête montre surtout une grande défiance vis-à-vis de la classe politique et du « système ». De quoi interpeller nos ténors politiques.
À vrai dire, les candidats ne pouvaient pas, techniquement parlant, prendre connaissance de cette enquête, publiée ce lundi 6 février sur le site de l'institut de sondage. Cependant, le résultat de celle-ci n'est pas surprenant et s'inscrit dans la continuité d'études précédentes, notamment celle d'OpinionWay pour le Cevipof (le centre de recherches politique de Sciences Po) mi-janvier.
Le politologue Pascal Perrineau avait alors insisté sur un certain paradoxe du résultat de cette étude: celui de voir des français plus demandeurs de protectionnisme, tout en allant vers un libéralisme plus « assumé ».
Un positionnement étonnant que l'on retrouve dans l'étude de l'IPSOS: tant sur les questions de libéralisme et de mondialisation. Dans le cas de cette étude, 66 % des Français se prononcent en faveur d'un contrôle par l'État du prix des denrées alimentaires de base (au-delà d'une moyenne de 58 %), mais ils ne sont plus que 36 % à se prononcer en faveur de la nationalisation des ressources naturelles. Sur les questions d'immigration, si 69 % des français sont contre l'idée « qu'il serait préférable pour la France de laisser venir tous les immigrés qui le souhaitent », les français semblent en moyenne plus ouverts que leur voisins européens — moins de la moitié (40 %) des personnes interrogées dans l'hexagone estimant que la France serait « plus forte » en cas d'arrêt de l'immigration et seuls 33 % des Français (contre une moyenne de 35 %) estiment que « les immigrés prennent les emplois des citoyens français. »
En parallèle, toujours concernant l'ouverture du pays, avec l'Italie, la France fait figure d'exception à la règle de percevoir comme une opportunité l'ouverture de l'économie nationale aux entreprises étrangères, en d'autres termes, les Français sont sceptiques face à la mondialisation!
Des résultats qui sont loin d'étonner Thibault Isabel, docteur en philosophie et rédacteur en chef de la revue Krisis —Il est notamment l'auteur de l'ouvrage Le Parti de la tolérance, (Éd. La Méduse, 2014)
« De telles études ont déjà été publiées au cours des dernières années, et montrent une poussée constante du "déclinisme" dans tous les pays occidentaux. Cela s'explique évidemment par des motifs objectifs: les Occidentaux voient bien que les conditions de vie déclinent, c'est lié à une évolution structurelle du capitalisme et de la situation internationale. Les gens savent objectivement que les populations souffriront davantage — seront moins heureuses — que les générations précédentes. Les riches sont de plus en plus riches, mais il est évident que le taux de richesse et de satisfaction, de bonheur moyen de la population ordinaire, ne cesse de décroître depuis maintenant de nombreuses décennies. »
Une étude, qui n'est pas unique en son genre en somme, mais qui interpelle par son contenu détaillé. En effet, si on comprend vite que les Français sont particulièrement prompts à dénoncer leur classe politique, ils semblent en revanche beaucoup moins enclins à voter en considération de ce sentiment.
On constate par exemple que les Français s'illustrent particulièrement lorsqu'ils sont 80 % — 31 points de plus que la moyenne des 22 pays — à s'accorder sur le fait que « Pour que la situation change, nous avons besoin d'un dirigeant qui soit prêt à changer les règles du jeu ». 76 % des Français estiment par ailleurs que « les partis et hommes politiques traditionnels ne se souviennent pas des gens comme moi ».
Mais plusieurs pages plus tard, à une toute autre question, les Français passent sous la moyenne (de 4 points) des autres pays en n'étant que 40 % à se dire « susceptibles » de voter « pour un parti ou un dirigeant politique qui souhaite changer radicalement le statu quo ».
Un résultat qui interpelle également Thibault Isabel, qui souligne là un paradoxe et ce au sein même de ceux qui protestent contre la classe politique:
« Certes, la majeure partie des Français rejette leur classe politique, mais on voit que même parmi les gens qui rejettent la classe politique, il y a encore une légère majorité de personnes qui soutiennent le système mondialiste. »
Dans le contexte électoral, à qui pourrait profiter ce paradoxe? Alors que tous pointent du doigt la montée des populistes, sur fond de Brexit et d'élection de Donald Trump, faisant planer le « spectre » de la victoire de Marine Le Pen, est-ce vraiment les candidats s'affichant comme antisystème qui profiteront de ce paradoxe? Pour Thibault Isabel, la réponse est claire:
« C'est quelque chose je pense qu'Emmanuel Macron a très bien compris, parce qu'en fait, qu'est-ce qu'il fait? D'un côté, il tient un discours populiste de remise en cause du clivage Droite-Gauche et des vieilles élites politiques, mais dans le même temps il défend l'idéologie du système. »
« Je ne dis pas que les choses ne vont pas évoluer, il y a une dynamique en faveur de la remise en cause profonde du système, mais à l'heure actuelle, indéniablement, le rejet de la classe politique ne signifie pas encore qu'il y a une majorité électorale contre le mondialisme et donc l'idéologie qui a le plus de chance de prospérer en l'état actuel de l'opinion, c'est une idéologie qui serait à la fois superficiellement populiste, mais qui dans le fond resterait mondialiste. »
Comment expliquer un tel paradoxe? Surtout que les exemples ne manquent pas. L'étude révèle que les Français sont notamment les plus inquiets concernant l'avenir de leur progéniture. 61 % des Français interrogés estimant que leur génération a une vie moins bonne que la génération de leurs parents, et que 67 % des jeunes d'aujourd'hui auront une vie encore moins bonne que celle de leurs parents.
« Il faut se rendre à l'évidence, les aspirations que nous pouvons tous nourrir sont souvent des aspirations contradictoires. En réalité, les gens en France, pour une légère majorité, restent encore favorables dans leurs idées au système mondialiste. En même temps, ces mêmes personnes constatent que cela ne va plus, que le pays est en déclin et que le système économique actuel nous plonge dans un marasme qui est insupportable pour tout le monde. Donc d'un côté, les gens restent attachés à des vieilles idées auxquelles ils continuent de croire et dans le même temps ils sentent bien que ces idées ne fonctionnent plus. Donc ils sont eux-mêmes clivés et ils ont besoin de politiciens au discours clivé pour répondre à leurs attentes. »
Notre expert relativise, pour lui cette situation qui se profile en cette année 2017 n'est en fait pas si inédite que cela, une situation qui s'explique simplement par le fait qu'elle est « en adéquation avec ce que recherche une légère majorité des Français »:
« Cela fait maintenant une quinzaine d'années, que tous les hommes politiques qui parviennent aux plus hautes fonctions de l'État, s'imposent aux termes des joutes électorales sur la base d'un discours de rupture, de changement: Nicolas Sarkozy avait obtenu le pouvoir de cette façon, c'était le candidat du changement qui allait tout balayer, François Hollande lui aussi disait "le changement c'est maintenant". En fait les candidats du système on compris depuis de nombreuses années qu'ils ne pouvaient réussir à s'imposer qu'en prônant un changement radical en surface, alors qu'en réalité ils continuent à préserver le statu quo. »
Un statu quo intenable pour Thibault Isabel « on ne peut pas à la fois soutenir le système tel qu'il est et déplorer les effets de ce système ». Mais en attendant que les Français surmontent leurs contradictions, c'est donc Emmanuel Macron qui les exprime le mieux à la fois anti-système dans la forme et pro-système sur le fond, ce qui explique peut-être en partie qu'il soit le favori des médias. Pour autant, ses détracteurs devraient toutefois garder une lueur d'espoir. En effet, l'étude de l'IPSOS relève également qu'en France, 68 % ne font pas confiance aux médias, une défiance qui pourrait finir par rejaillir sur leur chouchou.
Entretien réalisé et diffusé en direct sur Sputnik News

 L'analyse d'Alain de Benoist, directeur de publication de krisis               

Extrait de deux entretiens réalisés par Nicolas Gauthier pour Boulevard Voltaire
[Les photos ne figurent pas dans les articles originaux]


Macron, tout sauf un populiste!

Emmanuel Macron comme Donald Trump : le phénomène est plus intéressant que le personnage lui-même. Comment expliquer l’actuel phénomène Macron, qui se veut candidat hors système, alors qu’il est justement un pur produit du système ?
Emmanuel Macron
© AFP 2017 PIERRE-PHILIPPE MARCOU

On peut facilement ironiser sur le personnage. Le petit Mickey travesti en Rastignac, la petite chose qui veut se faire aussi grosse qu’un président, le Micron transformé en Maqueron, le Ken du couple Ken et Barbie, le télévangéliste christique débitant à chacun les niaiseries qu’il veut entendre. Mais tout cela ne cerne qu’imparfaitement le phénomène. Ce qui frappe d’abord, c’est qu’Emmanuel Macron est le premier candidat postmoderne que l’on ait jamais vu se présenter à l’élection présidentielle. Les arguments raisonnés, les promesses lyriques, les démonstrations destinées aux électeurs, tout cela faisait encore partie de la modernité. Avec la postmodernité, on est dans l’affect à l’état pur, dans l’émotion, l’amour, l’extase. Le sentiment submerge tout, comme dans le discours des gourous.

Certains reprochent à Macron de n’avoir pas de programme et de multiplier les déclarations contradictoires. Mais on perd son temps à s’indigner ou à vouloir lui répondre. En régime postmoderne, les contradictions n’ont aucune importance, et ce n’est pas avec des programmes que l’on conquiert l’opinion. C’est avec des postures et des incantations. Ce ne sont pas les mots qui comptent, mais le métalangage, pas le réel mais le plus-que-réel, pas le textuel mais l’hypertextuel. En recourant à des stratégies narratives, à des mécanismes persuasifs fondés sur ce que lui indiquent les algorithmes, Macron ne cherche à convaincre que d’une chose : qu’il faut communier avec lui, fusionner avec lui, qu’il faut l’aimer autant qu’il s’aime lui-même (« Parce que je veux être Président, je vous ai compris et je vous aime ! »). Il est plein de vide, mais ce vide le remplit mieux que tout autre contenu. Une bulle, certes, mais qui continue à enfler.

Un mutant politique, un phénomène typiquement postmoderne.


Dans L’Obs, le philosophe Michel Onfray – qui faisait récemment la une de votre revue, Éléments – assure qu’Emmanuel Macron « est en réalité l’autre nom de l’ubérisation de la société ». Vous confirmez ?

Bien sûr. Au-delà des banalités et des platitudes qu’il accumule avec un aplomb que rien ne vient entamer, Macron se situe dans une perspective bien précise qu’on peut résumer de la façon suivante : la mondialisation heureuse, l’ubérisation de la société et la précarité pour tous. De ce point de vue, Macron est un libéral au sens complet du terme : libéral en économie, libéral en matière « sociétale », libéral en tout. C’est pourquoi il séduit à la fois la gauche « branchée », les économistes hors-sol et les centristes fascinés par la Silicon Valley, Jacques Attali et Bernard Kouchner, Alain Minc et Corinne Lepage, Renaud Dutreil et Pierre Bergé. Nathalie Kosciusko-Morizet ne déparerait pas dans ce paysage !


Macron se dit au-delà de la droite et de la gauche. Vous venez vous-même de publier un livre intitulé Le Moment populiste – Droite-gauche, c’est fini ! (Pierre-Guillaume de Roux). Ce positionnement apporte de l’eau à votre moulin ?

La grande caractéristique du populisme est de substituer au clivage horizontal droite-gauche un clivage vertical entre le peuple et les élites (« ceux d’en haut » contre « ceux d’en bas »). Mais l’effacement du clivage droite-gauche ne se constate pas seulement à la base. Par réaction, il se retrouve aussi dans la classe dominante, avec l’idée d’une « union nationale » destinée à faire barrage au populisme et à neutraliser les « récalcitrants » des deux bords. Il y a, là, une certaine logique : en même temps qu’il coalise à la base un électorat venu de la gauche et un électorat venu de la droite, le populisme suscite à la tête un regroupement de factions hier encore antagonistes, mais qui n’ont pas de mal aujourd’hui à réaliser que rien ne les sépare vraiment.

Cette nouvelle stratégie était déjà présente dans l’idée de « troisième voie » théorisée par Anthony Giddens à l’époque de Tony Blair, dont l’objectif avoué était de contribuer au « renouveau » de la social-démocratie dans le sens d’une fusion assumée avec la logique libérale. C’est elle que l’on retrouve en France chez Emmanuel Macron, véritable héritier du blairisme, quand il assure que « le vrai clivage dans notre pays […] est entre progressistes et conservateurs », ou chez le libéral Guy Sorman, pour qui « le récent référendum britannique sur la sortie de l’Union européenne n’a pas opposé la droite conservatrice à la gauche travailliste, mais les partisans de l’ouverture à ceux de la fermeture ». La « fermeture » étant censée désigner le « tribalisme » et le « repli sur soi », il faut comprendre que l’« ouverture » signifie l’adhésion à tout ce qui transcende les frontières, à commencer par les marchés financiers. La position de Macron représente donc le symétrique inverse du populisme. Elle cherche à unifier les élites mondialisées au-delà des étiquettes, tout comme les populistes essaient d’unifier le peuple.

Personne ne semble réaliser que, dans cette optique, un second tour de l’élection présidentielle opposant Marine Le Pen et Emmanuel Macron, où ne serait donc présent aucun représentant des deux grands partis de gouvernement qui ont en alternance gouverné la France pendant trente ans, représenterait un véritable tournant historique.




Vous aimez la mondialisation? Votez Macron!

La liste définitive des candidats à l’élection présidentielle est maintenant connue. Cette échéance électorale, qui aura été d’un cru inédit, a déjà provoqué une foule de commentaires, notamment sur Boulevard Voltaire. Quels sont les vôtres ?

Emmanuel Macron
© REUTERS/ BENOIT TESSIER

Je ne m’intéresse pas aux commentaires, toujours superficiels et ennuyeux quand ils se bornent à dire pourquoi l’on aime ou non tel ou tel candidat, mais seulement aux analyses, qui permettent de comprendre le sens de ce que l’on voit. Quand vous dites que cette élection, qui fut effectivement riche en coups de théâtre et en rebondissements, aura été d’un cru inédit, vous êtes encore en dessous de la réalité. Non seulement elle ne ressemble à aucune autre, mais elle marque un véritable tournant historique, car elle va de pair avec une totale restructuration du paysage politique, du fait de l’effondrement programmé des deux grands partis de gouvernement qui ont eu le monopole de l’« alternance » en France depuis plus de quarante ans – mais qui se trouvent maintenant l’un et l’autre menacés de ne pas passer le cap du premier tour.

Les primaires, que la classe politique a commis l’imprudence d’emprunter au système politique américain, ont joué un rôle d’accélérateur en provoquant des fractures et en révélant des haines inexpiables qui sont en passe de désagréger les deux ex-grands partis. Elles ont vu deux candidats atypiques, François Fillon et le « frondeur » Benoît Hamon, l’emporter au détriment des favoris (Sarkozy et Juppé, Valls et Montebourg). Coincé entre Mélenchon et Macron, Hamon est incapable de rassembler son camp. Il en va de même de Fillon, coincé de manière symétrique entre Marine Le Pen et Macron. Résultat : les plus libéraux des dirigeants du PS partent par pleines charrettes rejoindre la start-up de l’ectoplasme macronien, et il en va de même des centristes qui ne se reconnaissent pas plus dans le programme de Fillon que Valls et Hollande ne se reconnaissent dans celui de Hamon.

On assiste donc à une nouvelle polarisation, qui ne se situe plus sur l’axe horizontal gauche-droite, mais sur l’axe vertical « ceux d’en bas » contre « ceux d’en haut » : le peuple contre les oligarques. C’est le schéma populiste par excellence, qui s’est déjà imposé dans plusieurs autres pays : la montée de SYRIZA a tué le PASOK, l’élection présidentielle autrichienne a opposé un populiste et un écologiste, le Brexit a créé un clivage transversal chez les conservateurs comme chez les travaillistes, le parti social-démocrate hollandais vient de s’effondrer, etc. La France est aujourd’hui en passe de rejoindre ce schéma. C’est la fin de la Ve République telle que nous l’avons connue.


Le phénomène Macron, que personne n’avait prévu, a aujourd’hui visiblement l’appui des principaux médias.
Quel sens faut-il lui donner ? Et quid de l’étonnant ralliement de François Bayrou ?

Macron est en train de réaliser un regroupement qui peut paraître surréaliste – d’Alain Madelin à Robert Hue –, mais qui ne doit pas surprendre. Prenant acte du gouffre qui s’est creusé entre le peuple et la classe dirigeante, il veut rassembler les élites mondialisées de droite et de gauche tout comme Marine Le Pen cherche à rassembler à la base les « patriotes » de gauche et de droite, à commencer par ceux qui appartiennent aux couches populaires et à la fraction des classes moyennes qui se sent aujourd’hui menacée de déclassement (et sans lesquelles il n’y a pas de majorité possible). L’usage que fait Macron du mot « progressiste » est, à cet égard, révélateur. Son ambition, à terme, est de créer un grand parti progressiste où se rassembleront, face à la « menace populiste », les tenants de tous bords de la mondialisation heureuse, de la soumission aux marchés financiers, des flux migratoires sans fin et du libéralisme hors-sol.

Qu’est allé faire François Bayrou dans cette galère ? Mystère. Bayrou, depuis sa jeunesse, est un grand lecteur de Barrès, de Simone Weil et, surtout, de Péguy. C’est à ce titre qu’il était intervenu, en janvier 2014, au colloque sur « L’actualité de la pensée politique de Charles Péguy », dont les actes viennent de paraître chez Privat. Il y expliquait ce qu’il devait à l’auteur de L’Argent : « Il invite à ne pas hésiter à affronter les puissants, quelle que soit la puissance des puissants […] Chez les péguystes authentiques existe une propension, parfois excessive – je parle également pour moi –, à ne pas hésiter à braver les convenances, les interdits du conformisme […] Dans le péguysme, tel que je le vis, prévaut cette volonté de conserver cette ligne de conduite fondée sur l’engagement au service de ce qu’on ressent comme étant l’essentiel […] Cela amène naturellement à une attitude de vie dont l’une des composantes essentielles est l’intransigeance […] Le péguysme c’est, au nom de ce que l’on croit être essentiel, une absolue insoumission. » Aujourd’hui, Bayrou a rallié l’hologramme créé de toutes pièces qu’il dénonçait encore il y a quelques semaines comme un outil au service des « plus gros intérêts financiers ». Il s’est trahi lui-même. Bayrou chez Macron, c’est Péguy au CAC 40, Mère Teresa dans la Waffen-SS ou Nabilla au Collège de France ! [...]



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Faut-il craindre le populisme ? Alain de Benoist

Faut-il craindre le populisme ? Alain de BenoistAlain de BenoistAlain de Benoist
Faut-il craindre le populisme ? Alain de Benoist


































Numéro 32: Gauche / Droite ?





Numéro 31: Droite / Gauche ?





Numéro 29: Populisme ?





Numéro 28: Politique ?



Alain de Benoist, propriétaire de l'une des plus grandes bibliothèques privées d'Europe



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Alain de Benoist est un auteur controversé. Souvent mis de côté de la scène médiatique parisienne, le fondateur de la revue Éléments a le mérite d’avoir une vision tranchée quant à notre société moderne. Auteur de plus de 90 ouvrages, propriétaire de l’une des plus grandes bibliothèques d’Europe, le penseur de la « Nouvelle droite » évoque ici de nombreuses questions qui ont rythmé son itinéraire intellectuel.


Le Rideau : Alain de Benoist, on vous présente souvent comme celui qui a la plus grande bibliothèque privée d’Europe…

Alain de Benoist : Je ne sais pas si c’est vrai. Je ne pense pas, il y en a certainement d’autres. En plus, il y a différents types de bibliothèques : des bibliothèques de bibliophiles, c’est-à-dire des gens qui achètent des livres rares, très chers, des beaux livres, des éditions illustrées, etc. Ce n’est pas mon orientation. J’aime bien les beaux livres mais j’achète d’abord les livres en fonction de leurs contenus ; je suis plus bibliomane que bibliophile. D’autre part, j’ai une bibliothèque relativement spécialisée, dans la mesure où j’ai assez peu de littérature. Plus des trois quarts de ma bibliothèque est consacré à ce que les Anglais appellent « non-fiction » : tout ce qui n’est pas œuvre de fiction. Parmi les grandes allées figurent la philosophie, l’histoire des religions, l’archéologie, l’antiquité, l’histoire contemporaine, les sciences sociales, les sciences de la vie, etc. Ce sont les domaines sur lesquels je travaille et qui m’intéressent le plus.

Par ailleurs, mon côté collectionneur se manifeste sur un certain nombre d’auteurs que j’aime particulièrement. Il doit y en avoir une centaine, je pense. Là, je dois dire que j’ai un peu tendance à acheter tout ce qu’ils ont publié, tout ce qu’on a publié sur eux. Par exemple, j’ai une bibliothèque célinienne assez énorme, tout comme celle consacrée à Bernanos, à Péguy, etc. Ça va assez loin : si je vais en République tchèque, je vais acheter des livres de Céline, de Bernanos et de Péguy que je vais trouver en langue tchèque, que je suis évidemment incapable de lire, mais je veux les avoir. J’ai des éditions de Carl Schmitt en chinois, en turc, en japonais d’un certain nombre d’auteurs…

J’ai arrêté d’acheter sur catalogue – évidemment ça prenait un temps fou, car, quand vous recevez un catalogue il faut le lire tout de suite, téléphoner pour retenir les livres…c’est toute une industrie -, ç’a coïncidé avec l’apparition d’Internet. Il y a tellement de possibilités d’achat, pas seulement de livres neufs bien entendu, mais aussi de livres d’occasion sur des sites qui regroupent eux-mêmes des dizaines ou des centaines de libraires, lesquels proposent des centaines de millions de livres ! C’est vertigineux ! J’achète donc moins de livres anciens, plutôt des livres nouveaux. Je reçois pas mal de livres en service de presse et je continue surtout mon travail de repérage, en lisant pour chacun des pays dont je maîtrise à peu près la langue – en France, c’est Livres-Hebdo – des publications professionnelles qui recensent toutes les semaines la totalité des livres sortis. À priori, il n’y a pas grand-chose qui m’échappe. Un journal comme Livres-Hebdo recense toutes les semaines 2 à 3000 livres. C’est classé par rubriques, donc c’est plus facile à consulter. Tous ces facteurs ont influé sur l’importance de ma bibliothèque. Elle est pour l’instant dispersée dans deux maisons, une maison que j’ai près de Versailles et une maison en Normandie. Le grand problème est évidemment toujours de trouver de la place, de classer. Ces dernières années j’ai beaucoup classé : ç’avait commencé à s’empiler d’une manière qui n’était plus tellement accessible. Maintenant c’est bien classé, mais les murs ne sont pas extensibles : j’essaie de me restreindre. C’est à la fois de la collectionnite, de la manie, incontestablement – il est très clair que j’ai des milliers de livres que je n’ai jamais lus et que je ne lirais jamais – mais c’est quand même une bibliothèque de travail. Si je travaille sur un sujet, je vais trouver tout un rayon de livres qu’à ce moment-là je vais lire crayon à la main, de manière très attentive.


Quand est-ce qu’a commencé cette « collectionnite aigüe » ?

Très tôt, dès que j’ai eu les moyens d’acheter des livres. J’ai commencé par les livres de poche puisqu’à ce moment-là, c’était les débuts de la collection du Livre de Poche. Évidemment, je m’étais mis en tête d’acheter tous les livres de la collection ! C’est mon côté collectionneur. J’ai énormément lu et après je n’ai cessé d’acheter des livres. J’en ai acheté énormément pendant une dizaine d’années sur des catalogues de livres d’occasion français et étrangers. Ce qui fait que ma bibliothèque a à peu près autant de livres en langues étrangères qu’en langue française.


Est-ce que vous avez pensé à votre succession ?

Oui, j’y ai pensé. Et je dois avouer que je n’ai pas trouvé de bonne solution. J’ai deux enfants que ça n’intéresse pas fondamentalement. J’ai une grosse bibliothèque germanophone que j’envisage de léguer à une fondation en Allemagne. Pour le reste, je ne sais pas. L’hypothèse la plus probable, c’est que tout cela sera vendu et dispersé. On peut aussi faire des ventes groupées dans des hôtels de vente, mais il faut établir un catalogue ce qui est un travail énorme. Je n’ai pas fait de catalogue parce que, lorsque j’ai commencé à avoir des masses considérables de livres, il n’y avait pas encore les ordinateurs, tout simplement. Mais là, pour rattraper quarante ans d’achats en différentes langues, il faudrait salarier quelqu’un pendant plusieurs années. Disons que le catalogue est dans ma tête et que je sais à peu près où est chaque livre.


Comment jugez-vous le marché du livre actuellement ?

Il est clair qu’aujourd’hui il y a une crise de l’édition. Beaucoup de gens en parlent. Il y a aussi une crise de la lecture qui est évidente et qui a pour cause fondamentale toutes les nouvelles technologies fondées sur l’image. En dehors même du flot d’images qui nous est dispensé par ces technologies, il y a le fait qu’on peut accéder par internet à tout un tas de fichiers numériques, de livres rares parfois. Mais je dois dire que là je suis totalement fermé. Je pense que c’est en partie un problème de génération. Je suis vraiment un enfant de la galaxie Gutenberg ! Un texte est indissociable, pour moi, d’un livre qu’on prend dans la main, qui, à la limite, peut avoir une odeur. Le plaisir d’avoir un livre dans la main, de pouvoir écrire dessus, dans les marges, est quelque chose qui est indissociable de la lecture. Lire à l’écran ou imprimer sur des feuilles volantes, ce que je fais bien entendu, comme tout le monde, n’est pas du tout ce que j’attends de la lecture. J’ai peut-être un côté un peu « dinosaure » à ce sujet : peut-être que dans cinquante ans le livre n’existera plus du tout.


C’est possible, selon vous ?

J’ai du mal à le croire. J’ai tendance à penser qu’il y aura toujours des petits cénacles. Subsiste aussi le problème des livres très spécialisés. Des tas de livres sont édités dans un cadre universitaire et ne touchent que quelques dizaines de lecteurs. Ce n’est donc pas rentable numériquement d’exploiter tout cela. Mais on ne sait jamais. Rappelez-vous le film de Truffaut, Farenheit 451, dans lequel on brûle les livres… C’est une perspective que je trouve tout à fait désespérante, mais c’est quelque chose que je ne verrai pas, et, par conséquent, je suis content d’avoir ma bibliothèque.


« Peut-on encore être marqué à vie et même orienter sa vie à la suite d’une lecture faite sur écran ? »

N’est-il pas préférable, conformément à la phrase de Diderot, de ne compter que « sur peu de lecteurs » tout en aspirant « qu’à quelques suffrages », plutôt que d’être mal lu par tout le monde ?
La question de savoir par qui on est lu est une très vieille question. Quand vous vendez un livre à 1000, 3000, 10 000 exemplaires, parmi ceux-ci, combien y a-t-il de vrais lecteurs ? De gens qui vont descendre dans le texte et en retirer la substantifique moelle ? Cela vaut pour n’importe qui. La différence reste que dans un passé si lointain, certaines lectures changeaient la vie des gens ; quand on parle avec un certain nombre de personnalités, elles peuvent nous citer les livres qui les ont marquées. Évidemment, on est marqué différemment selon l’âge, qu’on lise à 17-18 ans ou à 35-40 ans. Mais est-ce qu’on peut être encore marqué à vie et même orienter sa vie en fonction d’une lecture faite sur écran ? C’est une question que je me pose. 


Trouvez-vous encore des auteurs contemporains « valables » ?

Il y en a toujours, heureusement. Je dirais simplement qu’on ne voit plus l’équivalent des grands noms de l’époque de Sartre, Barthes, Derrida, Bourdieu…Les grands intellectuels ont un peu disparu. Ça ne veut pas dire que les gens n’ont plus de talent, mais plutôt que c’est la fonction même qui a subi une mutation : on est sorti de l’époque où le grand intellectuel, qui avait sa base à l’Université, jouait le rôle de porte-parole des sans-voix ou de grande autorité morale. L’intellectuel a été destitué de son autorité morale, à la fois parce que le monde universitaire et scolaire est entré dans une très profonde crise – peut-être faudrait-il dire de « décadence » –, mais aussi parce que le canal par lequel l’intellectuel peut s’exprimer aujourd’hui, c’est le journal, la télévision. Il rentre par la même dans la société du spectacle. Le fait d’être invité à participer à une émission de télévision ne vous donne pas d’autorité morale particulière : c’est juste une visibilité spectaculaire. Par conséquent, on est sorti de l’ère des intellectuels. Mais il y a toujours des auteurs importants. J’ai été assez proche de Jean Baudrillard qui est quelqu’un dont l’œuvre est, je pense, admirable. J’aime beaucoup l’école d’Alain Caillé et Serge Latouche. Je trouve que Jean-Claude Michéa fait aujourd’hui des livres importants qui renouvellent certaines problématiques. J’ai beaucoup d’admiration pour un politologue et sociologue comme Louis Dumont, par exemple.


Parmi vos nombreuses publications, lesquelles préférez-vous ?

C’est assez compliqué de répondre, car je n’ai jamais fait de livre qui soit une sorte de somme, comme l’ont fait certains auteurs qui ont écrit « le » livre de leur vie. Je n’ai pas du tout un esprit de système ; j’ai donc abordé des sujets très différents. Par goût du paradoxe, je dirais peut-être le livre publié avec Thomas Molnar sur la notion de sacré (L’éclipse du sacré, éditions La Table Ronde, NDLR), certainement l’un de ceux que j’ai le moins vendu, d’ailleurs. Dans des écrits plus proprement théoriques, j’ai publié un gros livre à l’Âge d’Homme qui s’appelle Critiques – Théoriques et qui, en l’état actuel, est ce qui donne la vue la plus générale de mes positions dans différents domaines. Et puis mon autobiographie, Mémoire vive, publiée chez Bernard de Fallois il y a deux ans : j’y tiens beaucoup, car elle n’est pas seulement le récit de ma vie – qui, après tout, ne passionne pas nécessairement les foules –, mais surtout le récit d’un itinéraire intellectuel, itinéraire qui n’est pas toujours perceptible quand on me lit. 

« Je crois très profondément, et c’est aussi le fond de ma démarche, à la nécessité d’un certain encyclopédisme » 


Au vu de ce que vous venez de dire, peut-on en déduire que vous pensez que la société actuelle est trop spécialisée ?

Effectivement, il y a dans les domaines du savoir, de la connaissance, dans les disciplines académiques, une très grande spécialisation. Mais cette spécialisation vient de deux choses ; d’abord du fait que le nombre d’informations à traiter est tellement énorme aujourd’hui qu’il est extraordinairement difficile et très ambitieux de vouloir faire une sorte de synthèse globale ; d’autre part, l’évolution du système universitaire et scientifique, qui fait obligation aux auteurs de publier beaucoup (« publish or perish »), fait qu’il est plus facile, dans une certaine mesure, de devenir spécialiste d’un petit territoire plus ou moins inexploré. Ainsi, vous devenez spécialiste du commerce des gains entre 1644 et 1722. Formidable…

C’est un contraste énorme par rapport au XIXe siècle qui a été l’époque des grandes synthèses, quand on pense aux Histoires universelles, aux Histoires de France en 40 volumes écrites par des auteurs qui ne doutaient de rien et n’avaient à leur disposition ni machine à écrire ni ordinateur. Je trouve ça stupéfiant et admirable. Quand on prend un livre comme Le déclin de l’Occident, de Spengler, par exemple, qui est une considération sur l’histoire universelle nourrie par une culture absolument phénoménale, quoi qu’on pense de ses orientations : c’est un projet que plus personne – aujourd’hui – n’entreprendrait, tout simplement.

En soi ce ne serait pas dramatique si la spécialisation se bornait à une répartition des tâches, de division du travail : le problème c’est que les gens qui deviennent spécialistes d’un petit secteur ont souvent une absence totale de culture sur le reste. Dans mes mémoires, je cite l’exemple d’un helléniste que j’ai très bien connu, François Chamoux, avec lequel j’avais effectué un voyage en Grèce. Je lui avais posé une question qui ne devait pas être bien compliquée, mais il m’avait répondu : « Ah, la question que vous me posez se rapporte au VIe siècle avant notre ère et je suis spécialiste du Ve siècle ; je ne peux donc pas vous répondre ». Ça m’avait frappé parce que j’avais cru qu’il se moquait de moi. Or, il était sincère.

Je crois très profondément, et c’est aussi le fond de ma démarche, à la nécessité d’un certain encyclopédisme. Je veux dire par là qu’il y a des choses, des idées et des vérités qui naissent de la rencontre des points de vue. J’ai fréquemment déploré le fait que les spécialistes des sciences de la vie, par exemple, et ceux des sciences sociales s’ignorent et se méprisent en général très cordialement. Alors que je crois qu’au contraire, c’est la confrontation des données que l’on peut recueillir dans ces deux domaines qui s’éclairent mutuellement et qui peuvent donner une idée plus juste et fructueuse. Je crois que c’est Jules Monnerot qui parlait de la nécessité des « coordinateurs-synthéticiens », les gens qui veillent au carrefour. Le grand problème de la spécialisation est qu’elle fait disparaître ces synthéticiens. 


Quelles études avez-vous suivi ?

J’ai fait une filière qu’on appelait « A », totalement littéraire. J’ai appris autant que possible le grec et le latin avant d’aller ensuite au lycée Montaigne, puis au lycée Louis-Le-Grand où j’ai fait la classe de philo. J’ai ensuite été un an à l’Institut d’études politiques, mais je n’ai pas continué. Puis, j’ai effectué mes études à la Sorbonne, essentiellement en sociologie, morale, philosophie générale et histoire des religions.

Entretien effectué par Dimitri Laurent
Source : http://www.lerideau.fr/alain-de-benoist/7872
[Le site en question n'existe plus]

Les photos en illustration sont extraites des Conversations de Paul-Marie Couteux - TV Libertés



Alain de Benoist livres bibliothèque



 Alain de Benoist, Tête-à-tête - Frédéric Taddeï,  France Culture


[réécoute] • Le Tête-à-tête
00:01 / 01:00:30

Crédits : Radio France
Il a la plus grande bibliothèque privée de France qui compte plus de cent cinquante mille ouvrages.
Il a écrit quatre-vingt dix livres et des milliers d’articles, mais il est surtout connu pour avoir été le penseur et le théoricien de la « nouvelle droite » à la fin des années 70.
Aujourd’hui à 68 ans, il publie Mémoire vive aux éditions de Fallois.
Intervenant : Alain de Benoist, philosophe


Aalin de Benoist
Alain de Benoist, qu’on a longtemps présenté comme le chef de file de la « Nouvelle Droite », reste aujourd’hui mal connu. Intellectuel atypique, qui a toujours voulu être fidèle à la pensée critique, il appartient au petit nombre des penseurs français étudiés à l’étranger.
En France, il reste ostracisé dans certains milieux, qui ne l’ont généralement pas lu. Trop de malentendus sont venus brouiller la perception de son oeuvre. Mémoire vive est l’occasion de les dissiper.
Dans ces entretiens menés à bâtons rompus, Alain de Benoist s’explique pour la première fois sur son parcours personnel et sur son itinéraire intellectuel, centré sur la philosophie politique et l’histoire des idées. Il dit pourquoi il a choisi de se tenir à l’écart de l’action politique et comment il n’a jamais voulu se laisser prendre au piège des postures partisanes dans lesquelles Ortega y Gasset voyait une forme d’hémiplégie morale.
Paul Valéry mettait en garde contre la « comédie de la sincérité » à l’oeuvre dans toute entreprise autobiographique. Le risque pour tout penseur est de camper sur des positions acquises. Rien de tel ici. Lecteur infatigable et auteur prolifique, Alain de Benoist se confie à coeur ouvert, offrant le portrait d’un homme à l’affût de tout, très loin des clichés et des caricatures.
À mi-chemin de l’autobiographie et du bilan philosophique, cet intellectuel engagé fait défiler au fil des pages un demi-siècle d’histoire. Des hommes et des idées, des livres et des rencontres. Le tout esquissant la physionomie de l’époque et le visage de l’auteur.

 > Mémoire vive est en vente sur Krisis Diffusion, Eléments et les Amis d'Alain de benoist

 Les conversations de Paul-Marie Couteaux” sur TV Libertés



Alain de Benoist

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A voir ou revoir sur le blog Eléments :


http://www.alaindebenoist.com/index.php/les-conversations-de-paul-marie-couteaux/
A revoir aussi sur le site des Amis d'Alain de Benoist


Les conversations de Paul-Marie Couteaux” sur TV Libertés, une émission qui part à la découverte d’une personnalité en six épisodes de 35 minutes. La première série est consacrée à Alain de Benoist. 

C’est l’occasion de découvrir les passions, les souvenirs et les éléments fondateurs de la vie d’une célébrité pour mieux comprendre son œuvre. Volontairement intimiste, “Les conversations de Paul-Marie Couteaux” sont filmés in situ, là où ces personnages hors du commun trouvent leurs forces et leur inspiration.